dimanche 19 février 2017

CHAPITRE 1...



Rien n'était plus comme avant. Tout avait changé depuis déjà longtemps. L'air était chargé d'un nouveau souffle. Un souffle amer, qui envahissait leurs narines et leur laissait une saveur astringente dans la bouche. La fumée crachée par les cheminées industrielles s'envolait pourtant loin, emportée par le vent, mais l'haleine du ciel était gorgée de relents. Ils la sentaient partout où ils allaient.
Le bip de compte à rebours tinta. Dans six minutes, tout volerait en éclats. Les Résis-terre se rassemblèrent en formation serrée, et s'élancèrent dans le couloir principal. Leur masse noire se scinda en petits groupes, et se répartit à travers les différents points stratégiques du site. L'usine « Towers » était l'une des plus polluantes de la région, peut-être même du pays. Elle déversait régulièrement quantité de produits toxiques dans le fleuve s'écoulant à proximité, et achetait la cécité des dirigeants politiques par un grand nombre d'emplois. Il fallait qu'elle arrête. Qu'elle cesse de sécréter ses fluides putrides. On les traiterait certainement de fous. On les qualifierait sûrement de terroristes. Mais peu importait. Le temps des atermoiements, des « peut-être qu'il faudrait », des « on verra le moment venu », était révolu.
Ils posèrent leurs charges explosives sur une trentaine de points, sélectionnés par l'ingénieur qui avait rejoint leurs rangs. La sécurité, dans ces usines hautement nocives pour la planète, était minime, comme si polluer était devenu naturel et ne craignait aucune remise en question. Les éclaireurs s'étaient chargés de prendre les employés en otage, et de les faire sortir du bâtiment. Aucune perte humaine ne serait tolérée dans ces opérations, s'ils voulaient être soutenus par l'opinion.
Les files sombres des Résis-terre remontèrent les boyaux de l'usine à toute vitesse et rejoignirent la sortie, poussés par la pression du compte à rebours qui semblait hausser le ton à chaque seconde. Ils jaillirent hors du bâtiment, imbibés d'adrénaline, et rivèrent leur regard sur les vans qui les attendaient au loin, au-delà des grillages. Le bip leur hurlait d'accélérer, tel un officier braillant sur ses soldats. Il fallait courir, courir vite, pour sortir du champ de déflagration.
Debout devant le véhicule de tête, Max les observait le cœur battant, les tirant jusqu'à lui par des fils invisibles, scandant mentalement les secondes. Il les voyait fuir le temps, et chercher à le rattraper. Il les voyait tarder... et se rapprocher du néant. Il sentit sa bouche s'assécher.
Ils avaient su, en acceptant cette mission, que les risques étaient grands. Ils les avaient pris consciemment. La conscience était devenue leur mode de fonctionnement. Pour certains, elle s'était présentée de manière fulgurante, telle une illumination. Pour d'autres, elle était le résultat de plusieurs années de cheminement. Mais pour tous, elle fut le halo qui les entoura de ses bras lorsque l'explosion les pulvérisa. Ils n'eurent que le temps de sentir son souffle, avant de disparaître dans son gouffre.
Les yeux de Max se mirent à briller. Les Résis-terre venaient officiellement de naître. Mais c'était dans la mort qu'ils fêtaient leur baptême. 

mercredi 8 février 2017

NOUVEL OPUS

Ils sont nés. Ils sont parmi nous. 
A l'heure du bouleversement climatique et des grandes décisions, 
les #EnfantsdePangée s'éveillent et cherchent à découvrir quel rôle leur est dévolu. 
Au sein d'une Humanité menacée et perdue, leur présence surprend et interroge. Qui sont-ils vraiment ?
Sombrez dans le premier volet de la saga et entrez dans la fin des temps. 
Personne ne sait encore ce qu'il adviendra de notre civilisation...



Format numérique et papier sur le site des Editions Hélène Jacob et sur Amazon.

vendredi 6 janvier 2017

A quoi servent les histoires, à quoi servent les auteurs ?


Chaque année, des milliers de livres nous sont proposés, des dizaines de films et séries déferlent sur nos écrans, et nous adorons y plonger comme on s'immergerait dans un bain de jouvence. Les fictions n'ont de cesse de nous enthousiasmer et nous passionner, d'éveiller notre curiosité et de nous retenir dans leurs filets...
Mais pour quelles raisons ? Que va-t-on y chercher, et qu'y trouve-t-on exactement ?
Petit tour d'horizon des pouvoirs et offrandes des histoires, dont nous détesterions devoir nous passer :




- Nourriture : notre imaginaire a continuellement besoin d'être alimenté pour ne pas se retrouver à l'arrêt. Or, un imaginaire qui cesse de fonctionner condamne l'individu à la résignation, la soumission, la stagnation, qu'il s'agisse de sa vie ou de sa vision de la société. Les auteurs sont là pour aider leurs contemporains à ne jamais cesser de rêver, à leur rappeler que de nombreux possibles existent et qu'ils peuvent être visités. Ils renouvellent perpétuellement le stock de réalités alternatives en proposant d'autres "moi", d'autres voies, d'autres mondes. Ils donnent de la matière à l'esprit pour qu'il continue de jouer, s'activer, échafauder, comparer... La fiction est la meilleure alliée de l'évolution, et la pire ennemie de l'abandon.
 



- Moteur : une fois nourris, nous pouvons avancer. Les histoires laissent en nous une énergie souvent inconsciente mais bien présente, qui fait palpiter notre mental et entretient la flamme de notre foi dans la vie et ses secrets. Livres, films et séries sont également les catalyseurs de nos émotions : ils veillent à ce que nous restions vivants, actifs, concernés et inspirés. Ils nous empêchent de devenir blasés ou de nous fermer sur nous-mêmes.
 



- Miroir : les fictions ont souvent un grand rôle à jouer dans l'analyse de notre existence et de notre société. Chacune d'elles déclenche en nous des réflexes de comparaison, d'évaluation, de positionnement. Les histoires sont les gardiennes de notre réflexion : elles nous forcent à rester éveillés, en alerte, toujours prêts à analyser, critiquer, remettre en question notre propre réalité. Les réactions des personnages et leur évolution peuvent devenir source d'inspiration et déclencher chez nous des prises de conscience déterminantes. Les univers et les intrigues peuvent engendrer en nous des réflexes de rébellion ou des envies de changement... Chaque fiction nous invite à l'introspection, d'une manière ou d'une autre.
 



- Pause : plonger dans une histoire, c'est aussi se couper momentanément de ses soucis, d'une réalité parfois trop lourde à porter. Les auteurs vous offrent des lieux de retraite, où vous pouvez vous réfugier et vous restaurer. Ils vous bâtissent des havres reposants ou des aventures passionnantes pour vous donner l'autorisation de fuir et de voyager ailleurs que dans vos problèmes. Ces haltes, tout comme le sommeil, sont vitales pour repartir affronter l'adversité.
 



- Passeur : enfin, les auteurs sont les véhicules d'une inspiration dont le processus reste encore inexpliqué de nos jours. D'où leur viennent leurs histoires et les thématiques qu'elles portent ? D'où leur viennent ces univers et intrigues sur lesquels ils travaillent avec acharnement pour les rendre cohérents, intéressants, trépidants ? Eux-mêmes ne le savent pas... Il est des pays où les conteurs sont considérés comme "sacrés", parce qu'ils semblent être le pont entre notre espace-temps et... tout le reste. Ils y sont perçus comme des messagers, des générateurs, des antennes-relais. D'ailleurs, de nombreuses histoires, littéraires ou audiovisuelles, ont été étudiées pour leur caractère visionnaire... Il y a derrière chaque fiction un mystère fascinant qui cherche à nous parler et nous toucher. Les histoires sont des cadeaux venus d'ailleurs.
 



Voilà tout ce que les histoires sont capables de nous apporter.De notre enfance à l'âge adulte, elles nous accompagnent et nous soutiennent.
N'oubliez jamais que, derrière chacune d'entre elles, se dissimule un auteur. Ecrire est un métier utile à la société, peut-être même vital sous certains aspects, mais il n'est que peu considéré et très mal rémunéré. Alors pensez à encourager les auteurs de temps en temps :  ils ont besoin de vous pour continuer à produire.
Belles découvertes à tous !

samedi 17 décembre 2016

Réalisme VS crédibilité en fiction...


A l'heure de la littérature engagée à effet miroir, 
petite réflexion sur la différence entre réalisme et crédibilité en fiction.


ll s'agit là de l'un des écueils auquel nous sommes de nombreux auteurs à nous retrouver confrontés tôt ou tard : faut-il être "réaliste" quand on écrit des histoires ?

Pour répondre à cette question, il faut d'abord revenir sur les définitions.

Le réalisme, qu'est-ce que c'est ?
C'est la description objective de la réalité, sans apparats, sans faux semblants, sans détours. Une description exacte et crue.
Or, lorsqu'on écrit une histoire, on décrit toujours une réalité. On la bâtit de toutes pièces, avec des individus et des intrigues qui n'existent pas tels quels dans le monde réel. Par conséquent, une fiction est toujours fondamentalement "réaliste".

Mais le problème, c'est que le lecteur, lui, aura toujours le réflexe irrépressible d'opposer à l'univers qu'il visite, des points de comparaison avec sa propre réalité. Même face à une histoire de SF ou un univers fantastique, son esprit ne pourra s'empêcher de créer des ponts permettant le va-et-vient, et rendant impossible une séparation totale des deux mondes. La logique à l'oeuvre dans son quotidien à lui, ses règles, ses lois, il ne peut les renier, ce qui implique qu'il ne peut pas tout accepter.

C'est là qu'intervient la crédibilité.
Même si on raconte une réalité très éloignée de la nôtre, on ne peut pas tout se permettre.
La crédibilité, c'est ce qui peut être cru. C'est ce qui fait preuve de cohérence, ce qui peut être considéré comme plausible.
Il faut donc faire très attention à ne pas prendre le lecteur pour une éponge au risque de la voir tout recracher. Pour qu'un récit soit crédible, ses rebondissements doivent être justifiés et ne pas rechercher la surprise au point de devenir artificiels ou saugrenus ; ses personnages doivent répondre à une véritable construction psychologique et leurs revirements de comportement doivent lui être adossés ; ses thématiques ne doivent pas sonner faux et se retrouver placardées tels des panneaux publicitaires en plein milieu de la voie.

La crédibilité de nos histoires est le pilier central de leur réussite. Le lecteur possède un instinct infaillible à ce niveau. Ce qui ne "tient pas debout" fait aussitôt l'objet d'un rejet, parce que sa construction mentale entre en ligne de compte, le fait réfléchir et analyser ce que lui propose l'auteur, au point de pouvoir développer une échelle d'acceptation.

Inventer tout en étant crédible est donc le plus grand défi de l'auteur ! Un exercice qui peut parfois se révéler délicat mais qui doit absolument trouver une solution pour éviter l'effondrement.

Bonne inspiration à tous !

dimanche 13 novembre 2016

Prochaine parution : dernière étape du travail éditorial

En février prochain, paraîtra le premier tome des "Enfants de Pangée", saga publiée par les Éditions Hélène Jacob. 
Pause dans mes oeuvres en cours pour quelques jours, afin de me consacrer à l'étape ultime du travail éditorial : 
- échanges avec le correcteur sur les dernières modifications du texte,
- échanges avec le graphiste sur la couverture définitive, 
- échanges avec mes éditeurs sur les métadonnées du livre...
 
Je suis aussi excitée que tendue, car toutes ces décisions conditionnent grandement la qualité de lancement d'un roman !

Plus de précisions sur : http://stephanie-aten.e-monsite.com/pages/projets-de-romans/suivez-le-travail-editorial-de-sa-publication.html

Belles journées constructives à tous !


lundi 24 octobre 2016

Les "Livres dont vous êtes le héros" : le retour !

Le roman à choix multiples revient à la mode !
Après la déferlante des "livres dont vous êtes le héros" dans les années 90, voilà que cette expérience de lecture hautement interactive retrouve ses galons de noblesse à l'heure du numérique !
Vous aimeriez en lire, ou en écrire ?  
 

vendredi 7 octobre 2016

Lire un scénario : pourquoi et comment ?

 
Vous adorez regarder des séries télévisées ou aller au cinéma. Vous vous délectez de ce que vous ont concocté les scénaristes, vibrez devant l'évolution des personnages et de l'intrigue, et vous renouvelez régulièrement l'expérience pour faire le plein d'émotions et de divertissement.

Mais avez-vous déjà lu un scénario ? Savez-vous à quoi il ressemble ?

A la fois document de travail pour plusieurs corps de métiers et histoire à part entière, le scénario répond à un cahier des charges drastique, tant sur le fond que sur la forme.

Découvrez de quoi il est fait, pourquoi il est intéressant d'en lire, et comment il faut vous y prendre si vous en avez l'occasion.


vendredi 30 septembre 2016

La relecture : mon moment préféré

Certains auteurs la redoutent, d'autres la considèrent comme une corvée. D'autres enfin, dont je suis, perçoivent cette phase comme un moment privilégié et déterminant.

La relecture est un moment important dans l'élaboration d'un roman, elle constitue la dernière étape avant envoi à l'éditeur. Ensuite... plus de retour en arrière possible.





dimanche 4 septembre 2016

Un auteur, ça fait quoi de son temps ?

Vous vous demandez ce qu'un auteur fabrique de tout son temps ? 
A-t-il des échéances, des défis autres que l'écriture à relever, des activités parallèles ?
En guise d'exemple, découvrez mon planning de rentrée, qui s'étire jusqu'à la fin de l'année... et qui risque même de s'étoffer en cours de période ! 
Bonne rentrée à tous :D



mardi 30 août 2016

Le Transmédia : comment "étirer" une oeuvre

Hier, j'ai eu le grand plaisir d'assister à une journée de formation sur le Transmédia et les nouvelles techniques de narration.
A l'heure où le Net vient bouleverser l'hégémonie des principaux supports qu'étaient jusqu'ici la télévision, la presse, et le cinéma, il est effectivement vital pour nous, auteurs et créateurs de contenus, de nous familiariser avec les nouvelles formes de communication.
J'ai découvert durant cette journée, à quel point je suis loin de savoir profiter des outils qui sont mis à ma disposition, le plus souvent gratuitement, et combien il est important d'être aussi créatif dans la construction de ma communication que dans celle de mes fictions.

Créer une histoire autour de son histoire

Faire du transmédia, ce n'est pas parler de son oeuvre partout sur les réseaux sociaux, sur les blogs, sur des supports tous azimuts, en espérant attirer l'attention. Ce n'est pas tenter d'occuper le Net de multiples façons en imaginant que les gens vont ainsi venir à nous. Agir de la sorte, c'est surtout polluer le web déjà surchargé d'informations, et crier au milieu de la masse : la probabilité pour qu'on vous entende est quasi-nulle.

Faire du transmédia, c'est construire un édifice qui va vous permettre de vous élever au-dessus de la foule et d'être ainsi mieux identifié.
Cet édifice consiste à prévoir dès l'origine, avant même que votre oeuvre ne paraisse sur le net, une articulation de supports très divers (réseaux sociaux bien précis, vidéos youtube, extrapolation sous forme de jeux, création d'applications...), et de les y intégrer ! Ils vous permettront de prolonger, d'agrandir l'univers que vous avez créé, et d'aller chercher vos lecteurs exactement là où ils se trouvent.

EXEMPLE

Durant cette journée, j'ai eu la chance de voir mon projet sélectionné pour être étudié sous forme de cas pratique. Il s'agit de la saga littéraire "Les Enfants de Pangée", qui sera publiée par les Editions Hélène Jacob à partir de février 2017, et qui s'étirera sur trois tomes.

Nous avons commencé par bien identifier la cible : prioritairement le lectorat des 15-20 ans, de type "connecté", et appréciant notamment les oeuvres d'anticipation ou fantastique.

Puis nous avons passé plus de trente minutes à débattre des objectifs que je poursuis :
- créer chez les jeunes une forte identification aux héros appelés "Pangéens,' qui développent un lien particulier avec leur planète et en deviennent les Messagers.
- susciter chez eux l'envie d'en savoir plus sur le lien Homme-Terre (aspect pédagogique caché)
- évidemment, de facto, inciter à l'achat du tome 1 et aux suivants

Normalement, une architecture transmédia nécessite plusieurs jours de travail, et rassemble plusieurs personnes aux compétences complémentaires. Ici, en quelques heures, nous avons pu élaborer malgré tout un début de process, avec notamment :
- l'insertion, dans l'histoire elle-même, d'un "Forum des Pangéens", dont les héros se servent pour communiquer, et que nous allons véritablement créer sur le Net. Sur ce forum, nous lancerons des sujets de discussion et une animation très proches de ceux évoqués dans le livre.
- la création d'une page FB de l'une des héroïnes, qui pourra partager ses états d'âme, donner des infos exclusives, etc... Là encore, cette page sera directement évoquée par le personnage dans le livre.
- bien d'autres outils, via différents réseaux sociaux et plateformes, complètent notre plan, dont je ne peux pas vous révéler tous les détails, et qui s'étire bien au-delà de la sortie du tome 1

BONNE RESOLUTION

J'ai vraiment pu effectuer une prise de conscience hier. Utiliser le transmédia, c'est raconter en dehors de son livre : la narration a dorénavant plusieurs couches, qui doivent être reliées entre elles pour maximiser l'intérêt, et étendre le lectorat.
A présent, je créerai pour chacune de mes oeuvres, dès leur écriture, un vaste plan interactif, de façon adaptée et réfléchie.
Un nouveau défi et un immense champ des possibles s'ouvrent à moi !

Je vous invite à vous ouvrir à eux également. Inscrivez-vous à ce type de formations, même si c'est sur une journée : elles valent le détour.
Vous pouvez également consulter en bas de page le site du formateur que j'ai rencontré, dont les connaissances sont abyssales !

Joyeuse découverte et meilleurs voeux pour vos projets !

jeudi 21 juillet 2016

Commencer... et finir !

Beaucoup de lecteurs m'ont confié qu'ils aimeraient écrire eux aussi, mais qu'ils ne dépassent que rarement les trois premiers chapitres...
Alors je vous propose une explication à ce blocage, et une façon d'y remédier.


Commencer... et finir !

samedi 2 juillet 2016

Le lien auteur-lecteur

 
Ils se parlent à travers des lignes, et partagent des moments intimes qui peuvent parfois durer des heures.

Ils ne se connaissent pas personnellement, mais un imaginaire les relie, des émotions aussi, et leurs consciences fusionnent le temps d'une histoire... Elles se nouent et s'enlacent, lovées dans une bulle qui n'appartient qu'à elles.

La relation auteur-lecteur est une relation à part.

Profondément humaine, "encrée" dans le terreau de notre intellect et de notre capacité à l'empathie, elle ne dépasse que très rarement le stade du livre partagé, mais donne pourtant de jolies pousses, que l'un et l'autre continueront d'irriguer à chaque nouvelle histoire qui viendra les abreuver.

Même s'ils ne se voient jamais (ou pratiquement), même s'ils ne vivent rien de ce que des "amis", des "proches" partagent normalement (sorties, confidences, quotidien...), l'auteur et le lecteur s'apportent, se parlent, échangent, dans une intimité unique en son genre et dans une dimension qui les dépasse.

J'ai récemment pu éprouver toute la force de ce lien, si invisible et silencieux qu'on a le plus souvent l'impression qu'il n'existe pas. 

Il m'a suffi de "demander" quelque chose à mes lecteurs... pour subitement le recevoir ! J'avais besoin de photos pour une campagne de promotion. Des clichés de mon livre, devant un monument ou dans un décor qui permette de démontrer qu'il "voyage", qu'il passe les frontières... qu'il se répand et accompagne les gens.

New-York, le Pérou, Londres, Budapest... des lecteurs ont réalisé de magnifiques clichés et me les ont envoyés avec la joie de ceux qui donnent, pour vous remercier d'en avoir fait autant.

Il est des auteurs qui disent écrire pour eux-mêmes, et qui publient leur livre comme on jette une pièce dans une fontaine. Une sorte de "petit bonheur la chance", pour soi. 

En ce qui me concerne, j'ai toujours voulu écrire parce qu'un imaginaire prenant déborde de ma tête, et que j'ai un besoin viscéral de le transmettre. J'écris en direction des autres, à chaque ligne. C'est ma façon de me situer dans la société, ma façon de donner... Ma mission de vie en quelque sorte.

Avoir reçu ces photos... fait partie des plus beaux moments de ma vie d'auteure. 

Quand on écrit, même si c'est pour le monde qui nous entoure et toutes les personnes qui le composent, on est seul. Et on ignore totalement si on a réussi à créer un lien avec ses lecteurs...

Le retour de boomerang, jailli de nulle part, envoyé depuis l'horizon, est une extraordinaire révélation.

Pour cette raison... j'aime encore plus écrire qu'avant.

C'est la loi du don... Une fois que la spirale est enclenchée... ;)

mercredi 8 juin 2016

L'Imagination : un pouvoir à reconquérir

A travers les époques et les cultures, elle a souvent été présentée comme un mal. Un danger. Le moyen le plus court de se perdre, de se laisser aller, de se déconnecter de la réalité, ou d'intervenir sur elle de façon délétère, en remettant en question ce qui ne doit surtout plus l'être, en déconstruisant la vérité si chèrement gagnée.
 

Pomme edenLa Bible a présenté ce pouvoir, qui devait rester divin, comme le pire fléau qui pourrait s'abattre sur l'homme s'il venait à vouloir l'utiliser. L'homme était censé se contenter d'obéir, suivre aveuglément les ordres qui lui étaient donnés parce qu'ils étaient les garants de sa félicité. Réfléchir, remettre en question, imaginer autre chose, lui était interdit...

Et pourtant... l'imagination est précisément ce qui l'a ouvert à la possibilité de devenir pleinement humain. Elle est la porte qui lui a permis de franchir un seuil. L'enfant soumis et guidé, a ainsi pu se mettre à marcher seul et avancer vers l'âge adulte. Il s'est mis à jouer à Dieu, en découvrant le pouvoir de bâtir le monde à sa propre convenance. L'imagination, est le seul chemin qui lui permette de grandir...

Mais ce pouvoir est dangereux, parce qu'il ne connaît aucune limite. Ni dans le temps, ni dans l'espace. Ni dans la quantité, ni dans la qualité. Un véritable pouvoir divin, qui nous dépasse largement, dont nous ne connaissons pas les règles, et que nous peinons grandement à apprivoiser.

Oeil terre
 
Ce pouvoir ne fait pas seulement de nous des êtres libres, mais aussi des êtres responsables.
Puisque nous avons la possibilité de transcender nos situations, de transformer la fixité en éternelle évolution, de remettre en question et expérimenter les voies jusqu'à trouver la bonne, nous sommes également responsables de l'utilisation que nous en faisons et de ses retentissements. Tout comme nous sommes responsables du refus de prolongement, lorsque nous nous contentons de rêver d'autre chose, sans chercher à le concrétiser d'une quelconque façon.

L'imagination est notre plus grand pouvoir, et notre plus lourd fardeau. Notre plus grand fléau, et notre plus beau cadeau.

Or, plus que jamais, aujourd'hui, nous avons besoin de nous remettre à imaginer.
Imaginer un autre monde, régi par de nouvelles règles, où les lois naturelles auraient autant leur place que les ordonnances humaines. Imaginer un monde où l'équilibre règnerait, entre les hommes, les cultures, les êtres vivants, et leur environnement. Plus que jamais, nous avons besoin de sortir de ce carcan dans lequel nous avons été figés, et dont le caractère inique n'est plus à démontrer. Plus que jamais, l'imagination de l'homme a un rôle à jouer. Un rôle qui pourrait bien aller jusqu'à sauver une planète entière de la catastrophe, s'il est assumé.

Si nous abandonnons ce pouvoir, nous abandonnons notre humanité.
 Prison 2L'imagination fait de nous des êtres libres, sans elle nous sommes en prison.


En bref : pour être pleinement humain, soyez perpétuellement imaginatif.

Car, outre son pouvoir de régénération continuelle, c'est grâce à elle que la sympathie et la compassion existent. Nous ne nous sentons liés aux autres que parce que nous savons imaginer ce qu'ils ressentent, et que ce ressenti devient alors également le nôtre. Si nous cessons d'imaginer, nous nous déconnectons les uns des autres, et nous devenons des êtres esseulés, impuissants, et vides.

 
Remettons-nous à imaginer qu'un autre monde est possible.
Redécouvrons ce pouvoir de création et d'influence, d'action et de changement,
avant d'en perdre le souvenir pour de bon,
et de nous penser indignes de sa possession.

vendredi 3 juin 2016

Elaborer des personnages

Si l'intrigue est à une histoire ce que l'architecture est à un bâtiment, les personnages, eux, en sont à la fois la clef de voûte, le décorum, et l'âme.
Il faut les soigner. Un personnage attachant peut parvenir à palier une histoire maigre, un personnage complexe qui souffre, réagit, évolue et apprend, déclenche une addiction qui fait tourner les pages.
Qu'il soit secondaire ou principal, chaque personnage mérite de l'attention. Même s'il est vrai que la surprise et l'improvisation feront toujours partie des règles du jeu de l'écriture, il n'empêche que des personnages laissés en liberté, au petit bonheur la chance, ça fait des bêtises. C'est souvent de là, que nous vient une impression désagréable de perte de repères quand nous suivons une histoire, qu'elle soit littéraire ou audiovisuelle. Un personnage qui se met à devenir multiple, à endosser un rôle qui ne lui est pas dévolu ou à évoluer dans tous les sens, peut massacrer une histoire pourtant solide.
 
Alors vous trouverez ici une petite fiche dont je me sers systématiquement, et qui m'aide beaucoup à enrichir, approfondir et renforcer la psychologie et la crédibilité de mes personnages. Tout ce que vous y écrirez ne vous servira pas forcément, mais plus vous aurez de pâte à modeler, plus vous serez assurés de ne pas perdre le contrôle ni le fil de votre personnage. Et, plus que tout, vous aurez une idée claire de ce qui peut le rendre : attachant, identifiant, et évolutif.
 
Pour que ce soit plus parlant, je vous la communique remplie, avec l'un de mes personnages de série ("Remparts"). Vous pouvez évidemment l'adapter à votre propre histoire, en supprimant notamment les "forces et faiblesses professionnelles", qui avaient un rôle de premier ordre dans mon cas, mais pas forcément dans le vôtre.
 
Vous souhaitant de palpitantes naissances !

mardi 31 mai 2016

LE REVEIL DE LA SOCIETE CIVILE


Aux États-Unis, des auteurs rayonnants viennent de signer une pétition "anti-Trump".

En France, ils cosignent une tribune dénonçant le comportement de gouvernement...

Être auteur, c'est être à la fois citoyen et créateur d’inconscient collectif.

Il était temps que cette responsabilité se rappelle à nous !

http://stephanie-aten.e-monsite.com/blog/le-monde-et-ses-travers/le-reveil-de-la-societe-civile.html

mercredi 28 octobre 2015

Découvrir un roman à travers l'interview de ses personnages

Interviews des personnages


Si vous avez lu "La 3e guerre", ces pages vous permettront de renforcer votre intimité avec les personnages...

Si vous ne l'avez pas lue,
elles vous inviteront à entrer dans l'histoire par un biais différent...

mardi 29 septembre 2015

"La 3e guerre"a un an

"La 3e guerre"a un an. A l'occasion de son anniversaire, découvrez une petite rétrospective de romans devenus réalité... : ici.







lundi 21 septembre 2015

Booktrailer de "La 3e guerre"

Booktrailer de "La 3e guerre"




Réalisé par le cinéaste Philippe Bazelle, ce book trailer traduit l'ambiance du roman avec fidélité ! De quoi vous faire une idée en images et en deux minutes.

mardi 15 septembre 2015

"La 3e guerre", la révolution du XXIème siècle

"Le roman impressionne par sa maîtrise. On peut dire que le pari de Stéphanie Aten est parfaitement réussi. "
Le Salon littéraire, Dan Burcea

"Croyez-moi, assister au triomphe d'une utopie en marche est non seulement revigorant, mais cela pourrait même vous rendre euphorique."
Mediapart, Jacques Teissier

"Une merveille d'écriture, un appel au réveil des consciences, à l'intégrité morale des êtres."
Le Cercle des Volontaires, journalistes indépendants
http://stephanie-aten.e-monsite.com/pages/roman-la-3e-guerre/page.html